« C’est quoi ça comme moto ? Une Moto Guzzi Stelvio ? Ah ouai, ils ont copié le nom de l’Alfa Romeo ! ». Par deux fois, lors de la semaine au guidon de la belle italienne, l’on a injustement accusé son géniteur de l’avoir baptisée comme le SUV Alfa, qui fête cette année ses 7 ans. Pourtant, c’est bien Moto Guzzi qui, le premier, donna le nom de ce col de montagne, le plus haut des Alpes italiennes, à l’une de ses productions. C’était en 2007, même si à l’époque, la Stelvio n’était déjà pas la première incursion du constructeur chez les trails. Reste que la Stelvio de 2024 n’a plus grand-chose à voir esthétiquement avec son aïeule. Heureusement, la pièce maitresse de la construction est conservée. Ce fameux bicylindre à 90° que la firme de Mandello del Lario est la dernière à placer face à la route, même si BMW s’en rapproche avec son twin à plat.
Pour le reste tout change. Signature lumineuse plus agressive, énorme bras oscillant et amortisseur déportés sur la gauche, échappement court placé en bas sur la droite de la moto, la nouvelle Stelvio annonce la couleur avant même le premier coup de piston. Lequel confirme d’emblée la vocation de cette italienne. Tout nouveau, le bicylindre a perdu un poil de cylindrée (1042 au lieu de 1151 cm3) mais a gagné en puissance et surtout en sonorité ! Démarrer la Stelvio peut déjà suffire à égayer votre journée. Pas forcément celle de votre voisin, notamment s’il dort, ce qui induit d’ailleurs un profond questionnement quant à l’homologation de cette italienne peu discrète.
Une Guzzi accueillante

Une fois que le mal est fait, reste à détaler pour aller profiter des qualités dynamiques de la Stelvio qui affiche d’emblée une belle maniabilité. On est bien installé au guidon de cette italienne qui propose une position de conduite reposante, avec des bras peu écartés pour un trail, des jambes bien dépliées et une selle fine à l’entrejambe. Le large guidon offre évidemment un rayon de braquage très court en ville et beaucoup d’agilité pour se faufiler dans la circulation. Mais c’est pourtant en ville qu’apparait le premier couac : une boite de vitesse d’une franche dureté. A enclencher la première au feu rouge en attendant le vert, vous attirerez souvent le regard des piétons ou autres 2-roues en attente, après avoir vous-même eu l’impression d’avoir fait tomber le moteur par terre… Et si l’embrayage s’avère progressif, la sélection de boîte demeure ensuite dure, quoique précise. Attention aux chaussures fragiles, elles ne s’en remettront pas.
Sinon, puisque notre modèle d’essai était doté du régulateur de vitesse adaptatif, il a fallu accepter les interventions permanentes du radar, qui bip et alerte au tableau de bord lorsque vous suivez de trop près un véhicule. Une sorte d’alerte de collision, sans action sur le freinage comme cela peut être le cas chez BMW, qui a du sens en voiture mais ne s’accommode pas du tout à la moto, où hormis au milieu de la campagne, l’on passe le clair de son temps à circuler entre les voitures, même à très basse vitesse. Or, sur cette Stelvio dite « PFF », chaque mauvaise interprétation du système se traduit par 3 bips et un voyant clignotant rouge au tableau de bord. A éviter à tout prix si vous souhaitez garder votre calme au guidon, puisque cette fonction n’est a priori pas déconnectable.
Un moteur d’enfer

Heureusement, il y a bien d’autres raisons d’adorer cette italienne, notamment lorsque la route se dégage. C’est l’occasion de goûter plus amplement à ce nouveau bicylindre qui ne manque ni de puissance (115 ch suffisent largement), ni de caractère ! Chapeau aux motoristes de Guzzi qui ont réussi à produire ce moteur à la fois souple aux bas-régimes – aucun à-coup ne vient ponctuer la traversée d’un rond-point en 3eme ou 4eme – et rageur dans la seconde moitié du compte-tours. Chaque accélération s’avère franchement jouissive, notamment en raison d’une bande son addictive ! Sans compter qu’aux allures de croisière sur autoroute, il ne distille aucune vibration parasite. Ajoutez à cela une bonne protection offerte par la bulle électrique, et voilà que la partie voyage est cochée.
Reste à s’habituer au comportement incisif de cette Stelvio, qui bascule franchement à la mise sur l’angle avant de se caler sur sa trajectoire. La première grande courbe pourra ainsi perturber le pilote d’une Honda ou d’une BMW concurrente, dont la neutralité totale permet de se sentir tout de suite à l’aise. Au guidon de cette Guzzi, il faut simplement s’habituer à ce comportement plus sportif, qui reste néanmoins hyper sain en toute circonstance. Et peut aussi compter sur un excellent freinage. Enfin, côté confort, la Stelvio gomme le principal défaut de la V100 Mandello dont elle dérive, à savoir un amortisseur arrière trop ferme, faisant parfois sauter la moto sur revêtement dégradé. Ici, avec 40 mm de débattement supplémentaires (170 mm), le confort s’avère meilleur, tout comme la tenue de cap sur un bitume chaotique, sans égaler le moelleux d’une Honda Africa Twin ou d’une BMW GS.
Hyper polyvalente, bien finie, très bien équipée et disponible à partir de 16 500 €, la Moto Guzzi Stelvio 2024 fait assurément partie des meilleurs trails routiers du moment, pour peu que l’on apprécie les motos plus rudes que douces.
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